lundi 6 avril 2009

Car wash

Cette semaine les vingts gonz qui ont osé snober Ahmed Kelly à Londres, comme nous en avons déjà parlé, mais aussi à Strasbourg, et vous avez vu dans quel état cela a mis les amis d'Ahmed, ont décidé plein de trucs vachement développement dans le bon sens. Oui parce que c'est de notoriété publique : quand vous voulez voir un grand de ce monde souiller ses sous-vêtements il suffit de lui dire que son pays va droit vers la récession. Et donc les grands de ce monde ont épargné les blanchisseurs de leurs différentes capitales et accessoirement le reste de la population en se mettant d'accord pour se revoir dans quelques temps dans la grande pomme.
Et il parait aussi qu'ils ont triplé les subventions du FMI ; il a pas intérêt à miser sur le mauvais cheval le type du FMI qui va prêter tous ces brouzoufs à un pays. Il n'y a plus qu'à espérer que le bon ami d'Ahmed Dominique S-K n'a pas engagé tous les traders qui viennent de se faire lourder de wall street.
Bon, en même temps, nous n'allons pas épiloguer deux plombes sur des mesures qui sont forcément vouées à l'échec puisque premièrement elles ont été prise sans Ahmed Kelly et qu'en plus la réunion était sans alcool. Non, ce sur quoi Ahmed voudrait attirer votre attention, ce ne sont pas ces décisions absconses mais celles qui n'ont pas été prises. Et plus particulièrement celle qui concerne les fabricants de voiture.
Vous avez du remarquer que depuis le début de la crise, on nous parle presque tous les jours de ces fabricants de l'automobile qui sont vraiment dans une merde noire, qu'il faut vraiment les plaindre et les aider parce que sinon qu'ils vont se viander sévère. Ahmed plaint les ouvriers de ces entreprises qui pour le coup, eux, sont vraiment dans la mouise jusqu'au cuir chevelu ; par contre il est hors de question qu'il compatisse avec les dirigeants de ces boites et ce pour deux raisons :
- d'abord parce que cette bande de chacals trisomiques a basé toute leur stratégie commerciale sur le fait que des familles qui ont à peine de quoi s'acheter à bouffer convenablement achètent des voitures hors de prix tous les deux ans et en offrent à toutes leurs progénitures.
- ensuite parce qu'à cause de cette stratégie de demeurés les rues de toutes les villes du monde sont envahies par ces machines de morts sur roues qui, en plus de faucher un bon nombre des clients d'Ahmed tous les week-end, polluent la vie d'Ahmed plus que le pneu la bonne résine du Maghreb.
Non parce qu'en plus de dégager une odeur nauséabonde, elles font un bruit monstrueux ces saloperies.
Et là dessus, sur vingt gonz plus ou moins élus au suffrage universel, il s'en est pas trouvé un pour lâcher un petit mot. Pourtant dans la vision d'Ahmed, le monde de la voiture est plus beau : seuls ceux qui en ont vraiment besoin sont autorisés à utiliser une voiture sur la voie publique (les chanceux qui possèdent un circuit privé peuvent y faire ce qu'ils y veulent tant qu'ils ne troublent pas la quiétude d'Ahmed Kelly) , les autres prennent les transports en commun qui sont rendus silencieux et propres et personne ne casse les couilles d'Ahmed. "Et tous ces ouvriers qui se retrouvent à pointer au chomdu qu'en fait-on ?" me direz vous. Et bien on les fait travailler à autre chose, les chaînes de montage ne les ont sûrement pas assez spécialisés pour qu'ils ne puissent se recycler.

Bref, Ahmed n'aime pas les voitures mais il aime encore moins les économistes et les patrons stupides. D'ailleurs, s'il devait choisir lesquels démolir en premier, il aurait du mal à faire son choix ; les oiseaux ont intérêt à bien voler ce jour là (cf To Risk or not to Risk) et certaines personnes ont intérêt à se trouver une passion subite pour l'ornithologie s'ils ne veulent pas voir leur tête se balancer au bout d'une pique.

jeudi 2 avril 2009

J'ai vingts amours

En ce moment à Londres, c'est le G20 et vous l'aurez sûrement remarqué Ahmed Kelly n'a pas été invité !

Alors vous allez me dire que pour aller au G20 il faut être chef d'état ou avoir un quelconque poste dans un quelconque gouvernement d'une quelconque puissance mondiale ; oui peut être mais lorsqu'on s'appelle Ahmed Kelly et que l'on tutoie les grands de ce monde, on a un peu les boules de se faire snober de la sorte. Vous connaissez Ahmed il ne s'est pas abaissé à réclamer une invitation car après tout Ahmed ne réclame jamais rien, tout lui tombe à point nommé dans les mains. Mais hier, vexé de ne pas même avoir reçu au moins un petit billet, Ahmed s'est fendu d'un coup de téléphone à son vieil ami Bernard K., ami fort bien introduit chez les grands de ce monde.
Celui-ci sembla d'abord fort gêné de devoir expliquer à Ahmed pourquoi il était persona non grata dans la perfide albion cette semaine, mais lorsque des amis de si longue date et qui ne se parlent que si rarement se retrouvent la glace fond vite et la franchise pointe rapidement le bout de son museau. Ahmed n'eut donc pas longtemps à attendre pour obtenir la vraie explication à sa non-invitation : il se trouve que, selon ce cher Bernard, si les grands de ce monde apprécient fortement la présence d'Ahmed dans une soirée, car contrairement à l'ambassadeur ses rochers ne contiennent pas que du chocolat, ils trouvent que les soirées d'Ahmed ne sont pas à proprement parlé productives.
Car voilà c'est justement là dessus que le bât blesse, selon son ami diplomate toujours, les 20 dirigeants les plus influents de la planète ont décidé pour une fois de se retrouver pour bosser et pas uniquement pour aller aux putes. La crise a donc finalement rattrapé Ahmed, plus personne n'est à l'abris maintenant, préparez des provisions, creusez un abris, nettoyez vos armes, rien ne va plus.

Et pourtant Ahmed sait très bien que ce n'est pas parce que vingt cols blancs se privent de blanche pendant deux jours qu'ils blanchiront avec succès l'économie mondiale. Ahmed pense d'ailleurs que ce n'est certainement pas sobre que deux dizaines d'oligarques arriveront à se mettre d'accord, il aurait lui même de biens meilleurs idées sur la question et elles ne sont pas bonnes uniquement parce qu'elles rendraient légales certaines de ses activités.

Bref, Ahmed ne va pas être mesquin : puisque ces gens ne veulent pas de sa présence et de ses présents, il organisera son propre G20 avec ses amis les plus proches et vous pouvez compter sur eux pour ne pas mâcher que des pastilles vichy.

Et si ils ne trouvent pas de vraies solutions à la crise, ils pourront au moins récupérer les diamants que Lucy a laissé traîner dans le ciel.

lundi 30 mars 2009

Clé de Sol

Il y a quelques jours, on a demandé à Ahmed Kelly s'il n'avait pas de problèmes de clés ; le "on" en question connaissant assez bien Ahmed et imaginant donc qu'il devait avoir un trousseau de clé d'une taille plus que respectable.

L'assertion n'était pas dénuée de pertinence : quand on voyage autant qu'Ahmed Kelly, on peut soit enchaîner les hôtels de luxe, soit avoir un pied à terre dans chaque ville.
Au début, Ahmed choisit la solution des hôtels. D'abord parce que, comme vous le savez, Ahmed aime se faire servir or les palaces du monde entier ont cette constance dans le service qui se perd dans d'autres branches, surtout depuis l'abolition de l'esclavage comme disait, lors d'un dîner, Patrick B., un ami d'Ahmed, édile d'une ville de banlieue. Il faut dire en même temps que, si les collaborateurs d'Ahmed ne sont pas à proprement parler des gens généreux, ils savent mettre la main au portefeuille pour s'attirer les faveurs du petit personnel, son silence et surtout sa confiance. Le pourboire dans ce milieu apporte la satiété.
Et puis, Ahmed affectionne aussi les hôtels parce qu'ils permettent parfois au détour d'un comptoir plus rutilant qu'une voiture tunée de faire des rencontres intéressantes pécuniairement, sexuellement ou épicurisment parlant.
Mais après quelques années et quelques déconvenues, Ahmed décida d'abandonner la solution hôtelière. Il faut dire qu'ils ont un défaut majeur : des gens y sont payés pour surveiller les allers et venues de tous ceux qui en franchissent le seuil et parfois même pour leur demander de l'argent. Vous comprenez aisément que dans la branche d'Ahmed, c'est un inconvénient certain. Et donc Ahmed se résolut à acheter un pied-à-terre dans la plupart des villes qu'il visite régulièrement ; pieds-à-terres qui varient selon les villes et les cultures qu'elles abritent, d'où un hôtel particulier à Paris, un loft à Londres, Berlin et New-York ; un ryad à Tripoli, Tunis et Marrakech ; une tour à Dubaï ou une pagode à Hong-Kong.
Et vous comprenez maintenant pourquoi un problème de taille de trousseau peut se poser.
Explicitons le un peu à travers une démonstration qui aurait plus au regretté ami d'Ahmed, Pierre-Gilles DG. En moyenne une maison de taille raisonnable nécessite 3 ou 4 clés dont au moins deux d'une taille conséquente, pour Ahmed misons sur cinq ; en estimant le nombre de villes dans lesquelles Ahmed se doit de posséder une maison de taille raisonnable à 50, soit dix par continent, sachant que l'estimation est faible au vu du nombre de ville de plus de 5 millions d'habitants, nous obtenons un trousseau de plus de 250 clés. Le volume occupé par le trousseau de clé d'Ahmed, pour des clés d'un volume moyen de 7 centimètres cubes, serait supérieur à celui d'un magnum de champagne (en supposant qu'elles s'entassassent bien). Vous qui, comme Ahmed, appréciez particulièrement le champagne en magnum, savez qu'une telle bouteille ne rentre pas dans une poche de pantalon ou de veste sans déformer complètement le vêtement et vous comprenez donc dans quel embarras pourrait se retrouver Ahmed et l'interrogation de son amie.
Mais rassurez vous Ahmed n'a pas ce genre de problème pour la simple et bonne raison qu'il n'a pas de serrure sur ses portes. Non, à la place du système archaïque et, soyons réalistes, complètement voué à l'échec de la clé, Ahmed préfère celui du garde ; car, après tout, celui qui a besoin d'une clé est celui qui laisse sans surveillance quelque chose auquel il tient. Ahmed tient à beaucoup de choses et donc il ne laisse jamais rien sans surveillance.

Les chercheurs de failles qui se sont glissés parmi vous vont alors demander à Ahmed : "Et qui surveille les gardes ?" mais ceux là ne connaissent pas bien Ahmed car sinon, ils sauraient que les employés d'Ahmed se surveillent entre eux. Si l'un d'eux trahit, celui qui l'abattra sans sommation et dans le dos se verra offrir une prime substantielle, celui qui n'aura pas vu la trahison de son collègue se verra offrir un passage à tabac substantiel et celui qui, complice, s'enfuira passera le restant de sa vie à regarder dans son dos et à développer un ulcère substantiel ....

Et puis quand on a un minimum de jugeote, on ne trahit pas Ahmed Kelly.

vendredi 27 mars 2009

La couleur de l'argent

Il est des jours comme aujourd'hui où Ahmed Kelly se sent d'humeur prolifique mais ne trouve pas de sujet méritant son attention. Certaines personnes de la caste railleuse des critiques appellent cela "l'angoisse de la page blanche" ; maladie fort rare et très ciblée qui ne toucherait que les écrivains un peu court en inspiration. Mais vous qui connaissez Ahmed, vous savez très bien que ce n'est pas franchement le manque d'inspiration qui le retiendra car Ahmed Kelly n'a pas de problème d'inspiration, il n'a que des problèmes d'approvisionnement ou d'accessoires, et encore seulement lorsqu'il n'est pas chez lui.

Mais aujourd'hui, le fait est que si l'inspiration n'a pas quitté le chevet d'Ahmed elle a un peu de mal à se concentrer sur un sujet car, c'est bien connue, l'inspiration est atteinte d'hyperactivité. La faute à une alimentation trop sucrée et à beaucoup, beaucoup trop de temps passé devant des chaînes de télévision où la majorité des programmes ne dépassent pas la minute et vantent souvent sans subtilité aucune la qualité d'un produit de plus ou moins grande consommation. Oui, nous parlons bien de publicité, vous avez deviné, vous commencez à savoir lire entre les lignes qu'Ahmed trace le long du miroir de votre conscience.

Ahmed n'a rien à priori contre la télévision, il trouve que c'est un très bon moyen de se tenir au courant des nouveaux marchés en expansion et des filières porteuses sans avoir à surpayer une bande de branleurs en col blanc qui trace un tout autre genre de lignes sur des miroirs beaucoup plus concrets. Vous le savez, Ahmed n'aime pas qu'on se paye sa tête, et pourtant il ne se passe pas un jour sans qu'un quelconque cabinet de branleurs lui propose de faire à sa place et pour un prix exorbitant, quelque chose qu'Ahmed faisait naturellement, seul et plus efficacement. Ahmed a même vu au cour des années se créer des pseudo-métiers dans les cabinets ad-hoc pour rajouter tant que c'est encore faisable des intermédiaires là où une simple entaille dans le pouce suffisait il n'y a pas si longtemps. Et tout ça pour quels bénéfices ? Aucun, les choses sont moins bien faites, plus lentement et pour beaucoup plus d'argent.

Tenez, un exemple simple : il y a un an à peine, Ahmed dut se rendre dans la nouvelle Babylone pour rendre visite à son ami Kofi A. qui avait besoin d'un avis extérieur sur une transaction qu'il comptait réaliser. Ahmed Kelly en profita pour se rendre dans les bureaux qu'il avait fait monter dans la ville ; il avait engagé pour cela un homme de confiance, à l'intelligence brillante, forcément, mais au caractère mal trempé. Ahmed arrive donc au pied de l'immeuble sur lequel ses initiales brillent en lettres chamarrées, première erreur. Il entre et un concierge à l'uniforme trop peu conventionnel l'apostrophe et lui demande son identité et s'il est attendu, deuxième et troisième erreur. Elles méritent d'ailleurs une brève explication : les uniformes doivent être conventionnels car ils n'existent que pour diluer la personnalité de ceux qui les portent et Ahmed est toujours attendu. Ahmed poursuit son chemin sans même poser un regard sur l'employé ; il doit par contre enlever ses lunettes de soleil pour intimer de ce regard qu'il avait pu sauvegarder le silence et le respect aux agents de sécurité qui tentent de le retenir, quatrième erreur. Ahmed prend l'ascenseur, monte au dernier étage et sans hésiter une seule seconde se dirige vers son bureau. Et là stupeur, Ahmed hausse un sourcil, dans la pièce assis nonchalamment, l'un sur un coin du bureau, un autre les pieds sur la table, un troisième sur accoudoir, une bande de branleurs en col blanc discute manifestement des prochaines améliorations à apporter au bâtiment, vous perdez vous aussi le compte des erreurs. De mémoire de portier, on a jamais vu autant de monde se faire virer en même temps ; de mémoire de clodos, on a jamais vu autant de cols blancs arriver en même temps sous un pont ; de mémoire de poisson, on se souvient de rien mais il y a un truc mou et flasque avec beaucoup de béton en dessous qui est apparu devant la grotte il n'y a pas longtemps.

Bref, tout ça pour dire qu'Ahmed n'est pas surpris de voir le monde plonger dans la crise alors qu'on a passé des années à entasser dans des tours de verre des vers grouillants vert de cupidité et d'incompétence, de ce vert baveux qui colorent les glaires puants des putains glauques du port d'Amsterdam. On a fait croire à beaucoup d'enfants qu'il suffisait d'être malin et bon vendeur pour réussir plutôt qu'intelligent et impitoyable et beaucoup d'enfants souffrent maintenant de ce que les gens comme Ahmed en ont marre qu'on les prenne pour des buses.

Les profiteurs sont trainés dans la boue, les profités mangent de la boue et Ahmed est en colère. C'est un peu comme si un attaquant surpayé et aux chevilles en carton se retrouvait face à un hooligan turque avec un grizzli qui compte les points. Comme le pronostiquerait le vieil ami d'Ahmed Mister T. : "Ça va être une boucherie" !

jeudi 26 mars 2009

Surdité sélective et cigares cubains

On demande parfois à Ahmed Kelly s'il n'a jamais eu de démêlés avec la Justice vu le caractère quelque peu douteux de certaines de ses activités vis à vis de la loi de beaucoup de pays.

Et bien pour répondre à vos interrogations, oui, Ahmed a déjà été appelé à comparaître. Vous pourrez même entendre dire au détour d'un coin sombre qu'il aurait été condamné il y a de cela quelques années mais à ce moment votre méfiance naturelle se réveillera car vous ne pouvez croire ce genre de balivernes. Mais revenons en à notre histoire.
La scène se déroule dans une bergerie de l'île de beauté dans laquelle un bon ami d'Ahmed, Yvan C., berger de son état, passe le plus clair de son temps. Ahmed est venu lui rendre visite et par la même occasion le réapprovisionner et les deux hommes dégustent tranquillement de majestueux havanes que Fidel C., un autre bon ami d'Ahmed, lui a fait parvenir. Mais vous vous doutez que les soirées d'Ahmed ne peuvent se dérouler aussi paisiblement, surtout quand elles valent le coup d'être racontées.
Lors de cette soirée donc, alors que la cendre ne remplit encore qu'à peine le cendrier qui orne solitairement la table, le scout, qui accompagne Ahmed dans toutes ses visites à mère nature, déboule sans prévenir dans la petite salle enfumée en criant que le maquis résonne des aboiements des chiens policiers et des pas feutrés de leurs maîtres. Yvan, qui se sait poursuivit pour une sombre histoire d'employé de préfecture récalcitrant, prend peur et manifeste son désir de vider les lieux au plus vite. Ahmed lui, vous vous en doutez, ne craint pas les représentants de l'ordre ; il offre donc son treillis camouflage à son ami et lui souhaite bonne chance d'une accolade virile, tout en lui promettant de ralentir au mieux ses poursuivants. Le berger file prestement et Ahmed reste seul avec son scout à qui il propose de finir le havane laissé à l'abandon.
Les policiers enfoncent la porte quelques minutes plus tard ; Ahmed ne cille pas, le scout pâlit. Les fonctionnaires crient, questionnent, fouillent, menacent ; Ahmed sourit, le scout verdit. Un gradé impose le calme à ses subordonnés et prévient Ahmed des risques qu'il prend à entraver le déroulement de la Justice ; Ahmed tire sur son cigare, le scout vacille. L'officier ordonne qu'on lui passe les menottes séance tenante ; Ahmed tique, le scout vomit.
Le lendemain matin, après une nuit en cellule, Ahmed est conduit devant un juge d'instruction. Quelques minutes plus tard, il ressort et le juge prend sa journée pour régler quelques affaires. Il est alors conduit à la préfecture chez le remplaçant de celui avec qui les amis communs d'Ahmed et d'Yvan ont eu quelques points de mésententes. Le préfet menace, déclare qu'il fera remonter l'affaire en haut lieu et que ce n'est pas en faisant chanter un juge d'instruction qu'Ahmed s'en tirera. Devant le silence d'Ahmed il s'exécute et appelle le ministère. Il écoute, pâlit, verdit, vacille et suit l'exemple du scout. Ahmed ressort libre et finit son cigare sur le parvis de la préfecture.
On a entendu dire que le scout parcourait maintenant des forêts de l'autre côté de la méditerranée et que les fonctionnaires qui n'ont pas disparu après cette histoire compte des cailloux à St Pierre et Miquelon.

Mais vous allez vous demander maintenant pourquoi Ahmed vous raconte cette histoire. Et bien parce qu'il est choqué de la façon dont est rendue la justice dans le pays des droits de l'homme. En effet, toute l'ambiguïté du débat judiciaire repose le plus souvent sur le fait qu'il faut choisir du témoignage de deux hommes lequel est le plus digne de confiance. Or il se trouve de nos jours des juges et des procureurs pour affirmer qu'un seul et même homme puisse un jour témoigner de façon honnête et véridique et le lendemain tenter de berner la justice en donnant une version contradictoire. La Justice semble donc, en ce moment, lever un peu son bandeau pour choisir la version qui lui convient le mieux. Et le tout dans un pays où l'on s'est toujours moquer des lunettes sans teints de la justice des pays plus à l'est par exemple. L'hypocrisie de ces messieurs va même jusqu'à accuser la défense, qui n'en peut plus de vomir, de Stalinisme parce qu'elle refuse d'assister à la mise à mort annoncée de son client dont la culpabilité ne semble pas à prouver puisque les témoignages l'innocentant ne sont pas écoutés.

Bref, Ahmed est bien content de savoir ce qu'il sait sur les bonnes personnes pour rester à l'abri mais il a quand même un peu les boules pour son ami Yvan qui, à l'instar d'un certain épicier du limousin, semble servir de bouc-émissaire à un petit mais bon client d'Ahmed qui veut montrer que ce n'est pas par défaillance que la Justice ne poursuit pas ses propres amis.

Ahmed proposerait bien son aide dans ce genre de débat parce que ses arguments massues sont difficilement ignorables comme ne peuvent plus en témoigner un certain nombre de représentants des forces de l'ordre ; malheureusement encore une fois on ne lui demande pas son avis. Ahmed trouve d'ailleurs qu'on devrait finir par lui payer des royalties dans ce pays de cons où tout semble se faire selon ses méthodes ; car on ne badine pas avec la propriété intellectuelle, surtout celle d'Ahmed.

mercredi 25 mars 2009

Confessions publiques

Aujourd'hui Ahmed Kelly a décidé d'arrêter de vouloir être un vrai bloggeur parce qu'il le vaut bien et surtout parce qu'il vaut mieux que le bloggeur de base.

Il y a peu, on a fait remarquer à Ahmed Kelly qu'il prenait quelques libertés avec la syntaxe et la langue française qui feraient se retourner dans sa tombe le regretté ami d'Ahmed Jean Jacques R.
A cela Ahmed répond : "Te fait pas de bile, Emile. L'éducation ça me connaît, j'en vends tous les jours". Alors bien sûr, l'Emile en question a fait remarquer que si effectivement c'est à l'école qu'on apprend les rudiments du bien-parlé c'est en mettant les mains dans le cambouis de la littérature que l'on apprend le bien-écrire et qu'on affûte son style. Vous vous en doutez, Ahmed ricana.
Il ricana d'abord parce que quand on a un nom à coucher dehors comme Emile on la ramène pas trop coté style et ensuite parce que justement en ce qui concerne le style, Ahmed n'a de leçons à recevoir de personne. Le grand ami d'Ahmed, Karl L., ne lui a t il pas encore dit il y a peu : "Franchement Ahmed, ton style, il claque sa mère" ? Il a ajouté un peu plus tard que si il n'était pas lui même le pape de la mode mais seulement un de ses cardinaux, au prochain concile il voterait pour Ahmed et que la fumée serait légèrement bleu Klein cette fois là. D'habitude, vous le savez, Ahmed n'a pas besoin de l'assentiment de ses pairs pour sortir du lot et il ne se vante que rarement des compliments qui lui sont fait mais là, il s'agit quand même d'un des hommes qui a le mieux compris le fonctionnement du monde. D'ailleurs si Ahmed était immortel, et si l'académie avait ce genre de pouvoir, il y a bien longtemps que ce cher Karl serait entré au panthéon. Car, oui, c'est le comble du chic et du snobisme que de réserver sa place au panthéon avant sa mort. Ahmed l'a déjà choisi lui : à coté de Marie Curie ; il n'a pas envie de passer l'éternité entre paire de couilles.
J'entends déjà s'élever les voix de la masse pour fustiger le snobisme qu'Ahmed semble porter au niveau de la qualité indispensable de tout gentleman mais Ahmed Kelly balaie ces jérémiades du revers de la main. En effet, le snobisme est un art de vivre. Ahmed Kelly, lui même, est président d'honneur de l'académie parisienne du dandysme et du chic. D'ailleurs, outre l'outrecuidance, il n'y rien qui outre plus Ahmed que le manque de classe. Certains appellent cela du snobisme, Ahmed trouve que c'est du savoir-vivre. Et pourtant, Ahmed doit supporter le manque cruel de goût de la majorité de ses collaborateurs à longueur de journée. Prenez le regretté Yasser A., Ahmed lui a pourtant répété que l'uniforme terreux et le keffieh n'allait pas ensemble mais il n'a pas voulu l'écouter et on sait tous où ça l'a mené. C'est vous dire à quel point Ahmed doit prendre sur lui pour pouvoir continuer à faire des affaires.

Bref, si vous trouvez que le snobisme est un défaut de nouveau riche, c'est que vous même avez mauvais goût. Si vous trouvez que le mulet et la chemise à carreaux vont très bien ensemble c'est que vous êtes un plouc, si vous ne connaissez pas Karl L. c'est que vous êtes au delà de la ploucquerie et si dans votre bouche "snob" est une insulte alors vous allez rater votre vie.

De toute façon demander à Ahmed d'être moins snob c'est un peu comme demander à Sébastien C. d'y aller doucement au plaquage, à Sébastien L. de freiner dans les virages, à Jean Sébastien B. d'y aller mollo sur la double croche ou à Sébastien N. de caresser les distributeurs dans le sens du poil.

samedi 21 mars 2009

C'est en forgeant qu'on fait des couteaux

Aujourd'hui Ahmed Kelly aurait eu beaucoup de temps pour écrire mais à la place il a préféré remplacer son pommeau de douche (et envoyer un tueur à gage chez le fabricant de l'ancien). Du coup, il va enfin pouvoir mettre en application son plan de poster un article de trois ligne.

Ahahahah, merde c'est encore raté.

Ceci dit il ne va quand même pas s'éterniser parce que ce soir il va à une réunion d'ancien combattant. Et oui, même Ahmed Kelly a des amis d'enfance et, même s'il ne les voit que trop rarement, à chaque fois cela lui fait du bien. Ca le rasséréne, ça lui permet de prendre du recul et puis soyons franc ça le change un peu des abrutis qu'il doit se taper à longueur de journée pour les affaires. Car, oui, vous l'avez deviné, les amis d'Ahmed Kelly ont peu à envier à ce dernier ; après tout les chats ne font pas des chiens. Mais surtout, ils trainent pas avec des bestioles à la con dont le passe-temps favori est de renifler la croupe de leurs congénères. Ahmed Kelly et ses amis, comme les chats, ont une classe innée, passent leur temps à fumer des pets, à jouer au billard et à grimper aux rideaux.

Voilà c'est tout.